De la résilience
à l'entrepreneuriat.
Sept chapitres pour comprendre l'histoire d'un homme qui a refusé d'attendre — du camp de Kyaka II en Ouganda jusqu'aux tasses montréalaises.
Un départ forcé
En 2012, Bahati Bertin Matonde a quitté la République démocratique du Congo. Il fuyait la guerre.
Comme des millions d'autres Congolais, il n'a pas choisi de partir. Mais il a choisi ce qu'il allait construire ensuite.
La naissance de Self-made Africans
Arrivé en Ouganda, Bertin affronte de nombreux défis — barrière de la langue, absence de revenus stables, recherche d'un logement. Ces épreuves alimentent une détermination : faire une différence non seulement pour lui-même, mais aussi pour les autres réfugiés.
En 2013, il fonde Self-made Africans Ltd (SMA) — une organisation dédiée à aider les jeunes réfugiés à s'intégrer et à prospérer dans leur nouvel environnement.
Au départ, SMA se concentre sur la production de films mettant en lumière les violences faites aux femmes et l'hygiène insuffisante dans les camps de réfugiés. Le cinéma comme outil de transformation sociale.
« Successful Refugee Story by Bahati Matonde » — chaîne Self-made Africans
Le pouvoir de raconter des histoires
Bertin n'est pas qu'entrepreneur. Il est cinéaste.
Films contre les violences faites aux femmes. Documentaires sur la reforestation. Couvertures d'initiatives agricoles. Séries théâtrales de sensibilisation.
En 2016, SMA a produit plusieurs documentaires et courts-métrages percutants, dont certains ont été reconnus dans des festivals de cinéma. Ce travail attire l'attention sur les dures réalités vécues par les réfugiés et plaide pour de meilleures conditions de vie et le respect de leurs droits.
La famille, la pandémie et la résilience
En 2019, à la suite de menaces et de persécutions visant sa famille, la mère de Bertin ainsi que ses jeunes frères et sœurs fuient à leur tour vers l'Ouganda. Sa mère est atteinte d'un cancer du sang, sa jeune sœur souffre d'hydrocéphalie et d'une tumeur au cerveau. Bertin, désormais entouré des siens, devient le pilier d'une famille en quête de soins et de paix.
Quelques mois plus tard, la COVID-19 arrête net les activités cinématographiques. Les financements humanitaires diminuent, la faim s'installe dans les camps de réfugiés en Ouganda.
Sans avoir jamais été agriculteur, Bertin commence à cultiver la terre pour nourrir sa famille. L'initiative se transforme en véritable projet d'agri-business mené par Self-made Africans avec le soutien d'Alight Ripple Effect. Au fil des années, il forme plus de 5 000 participants aux techniques agricoles et entrepreneuriales.
Mais l'état de santé de sa mère et de sa sœur continue de se dégrader. Les soins spécialisés qu'elles nécessitent ne sont pas disponibles localement. Bertin entreprend alors des démarches auprès de plusieurs pays pour solliciter une réinstallation humanitaire pour sa famille.
Une nouvelle vie au Canada
Le Canada accepte le dossier de la famille et l'accueille avec le statut de résident permanent. En septembre 2024, Bertin pose ses valises à Montréal — avec l'espoir d'offrir à sa mère et à sa sœur l'accès aux soins médicaux dont elles ont besoin, et de reconstruire un avenir dans un environnement sécuritaire.
Il découvre une ville multiculturelle, accueillante et remplie d'opportunités. Comme beaucoup de nouveaux arrivants, il doit s'adapter à une nouvelle culture, un nouveau système, une nouvelle réalité économique. Sa priorité reste la santé de sa mère, prise en charge par le système médical canadien pendant plusieurs mois.
Malgré tous les efforts des équipes médicales, sa mère décède à Montréal le 25 décembre 2025. Une perte profonde — et la volonté de transformer cette épreuve en quelque chose de positif.
L'idée du café
L'un des moments les plus déterminants survient pendant l'hospitalisation de sa mère. Un matin, après une nuit passée à son chevet, Bertin se rend au travail. Il cherche simplement une tasse de café pour rester éveillé. Un ami et collègue l'appelle alors pour prendre de ses nouvelles. En apprenant qu'il cherche du café pour tenir la journée, l'ami lui dit une phrase qu'il n'oubliera jamais :
C'est incroyable. Tu cherches une tasse de café au Canada alors que des tonnes de café pourrissent chaque jour au Congo, tandis que les cultivateurs qui l'ont produit vivent dans la pauvreté ou ont été déplacés par les conflits.
— Un ami, Montréal, 2025
Cette réflexion le marque profondément. Il se rappelle alors que le café congolais est reconnu parmi les meilleurs au monde. Pourquoi ne pas créer un pont entre les producteurs africains et les consommateurs canadiens ? Pourquoi ne pas utiliser le commerce du café pour générer des opportunités économiques, soutenir les réfugiés et contribuer au développement des communautés — ici comme là-bas ?
C'est ainsi qu'est née l'idée de Tabar Café.
Pourquoi « Tabar » ?
Le nom Tabar trouve son origine dans les montagnes de Katale, au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo — une région réputée pour ses paysages magnifiques et ses vastes plantations de café à perte de vue.
Pour les habitants, ces montagnes sont bien plus qu'un lieu géographique. C'est un endroit associé à la paix, au réconfort et à la douceur — où l'on se rend pour se ressourcer, admirer la nature et retrouver un sentiment de calme loin des difficultés du quotidien.
Durant son enfance, lorsqu'on voulait y aller, on disait simplement : « hey partons au Tabar ! » Tabar — l'endroit de douceur — était un symbole d'espoir et de sérénité. Du haut de ces montagnes, on contemple des kilomètres de fermes de café qui font la richesse de cette région.
Lorsque est venu le moment de créer la marque, le choix du nom s'est imposé naturellement. Chaque tasse de Tabar Café porte ce même sentiment — un moment de pause, de réflexion et de bien-être, tout en restant connecté à l'histoire, aux producteurs et aux communautés qui rendent ce café possible.
Tabar n'est donc pas seulement un nom. C'est une émotion, un souvenir et une invitation à savourer la vie avec sérénité.
Une vision qui se construit
Tabar Café n'est pas un projet isolé. C'est la continuation d'un parcours de plus de douze ans : aider les communautés à se construire, ouvrir des ponts entre les cultures, et démontrer qu'une entreprise peut générer à la fois de la valeur économique et un impact social durable.
Chaque sac de Tabar Café contribue à cette vision.
Du grain à la tasse,
soutenez l'histoire de Tabar.
Chaque sac que vous achetez contribue à cette vision — café d'exception, communautés soutenues, ponts entre l'Afrique et le Canada.