Par Bahati Bertin Matonde, fondateur de Tabar Café
Le Canada est notre point d'arrivée. L'Ouganda, lui, c'est notre racine. C'est là que nos grains du Kivu sont torréfiés artisanalement, dans des petites quantités, avant de traverser l'Atlantique pour rejoindre les tasses montréalaises.
Pourquoi l'Ouganda et pas le Canada ? Pour plusieurs raisons. D'abord, c'est le pays où j'ai vécu pendant plus d'une décennie — Kyaka II Settlement, l'un des plus grands camps de réfugiés au monde, où j'ai fondé Self-made Africans Ltd. C'est aussi là que se trouvent nos torréfacteurs partenaires, qui partagent notre vision d'un commerce équitable et notre exigence sur la qualité.
Ensuite, la torréfaction à l'origine — c'est-à-dire dans le pays d'origine du grain ou tout près — permet aux producteurs d'écouler une partie de leur récolte à plus forte valeur ajoutée, plutôt que d'exporter du café vert qui se transforme ailleurs. C'est un choix éthique, économique et écologique.
Notre torréfaction est artisanale : petites quantités, contrôle manuel de la courbe de température, attention portée à chaque profil aromatique. Pas de torréfaction industrielle, pas d'uniformisation. Chaque lot est unique et porte l'empreinte du torréfacteur.
Une fois torréfié, le café est emballé dans des sachets refermables, étiqueté à la main, puis acheminé vers Montréal. Le délai entre la torréfaction et la mise en vente au Canada est d'environ 10 jours — assez court pour préserver les arômes, assez long pour permettre au café de « respirer » naturellement.
Seule exception : nos capsules compatibles Nespresso, qui sont assemblées et conditionnées au Canada, à partir des grains torréfiés en Ouganda. C'est un compromis assumé pour offrir un format pratique sans renoncer à la qualité.
